Cet ouvrage parle de l'éthique en médecine. Non de l'Éthique médicale telle qu'elle se discute dans les comités autorisés mais de cette réflexion que mènent les professionnels de la santé - les membres d'une unité hospitalière - lorsqu'ils sont interrogés dans leur pratique quotidienne par les souffrances de leurs patients. Read More
L'auteur aborde l'éthique telle qu'elle se construit au gré et au service d'une pratique, au sein d'un hôpital de cancérologie. Cette éthique-là est objet de sociologie à plus d'un titre. Partie intégrante de la pratique, elle dépend des conditions sociales de cette pratique. Les professionnels qui la produisent ont à participer à une œuvre de cancérologie aux règles déjà largement fixées en dehors d'eux, idéologiquement et structurellement. Et ils la produisent collectivement, en mobilisant des cadres de signification divers tout en se confrontant à des patients aux rationalités elles-mêmes spécifiques. Dans le flot de leurs échanges, une pratique se construit, des vies s'aménagent, des conceptions de l'Homme se dévoilent. Le cancer comme mise à l'épreuve de modes d'exercice de la médecine.
Cet ouvrage parle de cette construction de la pratique et de cette interrogation – éthique – qui se conditionnent mutuellement. Il a pour visée sociologique d'illustrer les vertus heuristiques d'une perspective singulière, celle qui consiste à intégrer dans l'analyse de la pratique médicale sa dimension irréductiblement morale. Et peut-être son intérêt principal se situe-t-il au-delà de cet enjeu strictement heuristique dans le cadre d'une discipline particulière. Car ce dont il parle, c'est d'abord de toute la trame humaine qui fait la beauté de ces métiers et bien souvent la tragédie des destins. Des professionnels expriment leurs doutes, des patients leurs souffrances et parfois aussi le bonheur soudain d'une conscience de vivre retrouvée. Le cancer comme épreuve.
L'Éthique médicale instituée ne gagnerait-elle pas à faire plus de place à ces expressions et... à la sociologie qui les donne à entendre ?
Introduction. Collaborations entre intellectuel·les queer 1880-1920 (Michael Rosenfeld)
Partie I – Collaborations littéraires
Une écriture en partage ? Sur quelques renvois textuels entre Renée Vivien et Natalie Barney (Camille Islert)
André Gide et le « franc camarade ». Sur la relation entre André Gide et Henri Ghéon (Jean-Christophe Corrado)
« Faisons l'amour en sourdine ». La poétique clandestine du désir amoureux dans la correspondance de Liane de Pougy et Natalie Clifford Barney de 1899 à 1905 (Lucie Nizard)
Partie II – Sociabilités queer
Colette et Missy, un couple au sein du premier réseau queer (Nicole G. Albert)
Sociabilités homosexuelles et photographiques à l'ère de la reproductibilité technique. Illustrations littéraires dans L'Élu (1902) d'Achille Essebac (Nicolas Duriau)
Natalie Barney's Salon. A Crucible for Sapphic Sisterhoods and Creative Networks (Lowry Martin)
Partie III – Constitution de réseaux queer internationaux
L'émancipation de Colette Willy vue par Antonio de Hoyos y Vinent (Flavie Fouchard et Esperanza Torres Hernández)
Les réseaux queer d'Akademos. Absences et présences (Michael Rosenfeld)
Transferts culturels franco-allemands dans les revues homosexuelles Der Eigene et Akademos (1896-1909) (David Weber)
Sources
Un témoignage inédit des milieux intellectuels queer parisiens en 1888. Le journal intime de Sigismond Justh (Alain Servantie)